24 novembre 2007
Les couples de même sexe seront-ils dans l'album de l'église ?
La Broadway Baptist Church de Fort Worth au Texas (http://www.broadwaybc.org/), qui compte parmi ses membres plusieurs couples de même sexe, est confrontée à un dilemne : doit-on faire apparaître, dans le livret de présentation de l'église, les couples de même sexe de la même manière que les couples hétérosexuels ou faire des portraits individuels des membres homosexuels qui sont en couple ? Ce dilemne est présenté dans un récent article de l'agence de presse des Baptistes du Sud. (http://www.sbcbaptistpress.org/BPnews.asp?ID=26765)
Ce débat est intéressant car il pose la question de l'accueil au sein des églises et fait de la visibilité des personnes lgbt l'enjeu principal.
Broadway Baptist Church, fondée en 1882, est une église baptiste du Sud (http://www.sbc.net/) qui a rejoint un réseau d'églises baptistes en désaccord avec le néo-fondamentalisme réapparu dans la Southern Baptist Convention, le Cooperative Baptist Fellowship (http://www.thefellowship.info/).
Plusieurs églises de ce réseau sont inclusives même si le Cooperative Baptist Fellowship garde une position conservatrice sur les questions d'orientation sexuelle. Broadway Baptist Church est une église qui accueille depuis plusieurs années des membres homosexuels dont plusieurs sont en couple ; elle compte aussi des membres qui ne considèrent pas qu'il soit conforme à la volonté de Dieu de vivre son homosexualité mais qui sont prêts à cheminer avec des chrétien(ne)s de conviction différente.
Les tensions qui se sont fait jour pointent les ambiguïtés d'un accueil qui se fait sans visibilité ; on rencontre cette ouverture dans nombre d'églises de différentes dénominations mais, drapée du voile de la discrétion, elle renvoie des personnes lgbt une image honteuse ; quant au témoignage d'églises ouvertes, il est obscurci alors que la haine et le préjugé s'étalent au grand jour dans nombre de communautés chrétiennes.
Il n'est pas dénué d'intérêt qu'un des vitraux de Broadway Baptist Church - eh oui, certaines églises baptistes ont des vitraux ! - représente Ruth et Noémi. Sans vouloir faire de ces deux femmes un couple de lesbiennes, leur alliance en dehors des normes d'Israël et l'intensité de l'attachement de Ruth pour Noémi est un modèle pour beaucoup.
Ma prière est que cette église, comme beaucoup de celles qui offrent une généreuse hospitalité, fasse le pas suivant de rendre visibles leurs membres lgbt et leur accueil de tou(te)s au nom de l'Evangile.
C'est aussi l'un des buts de ce site de travailler à la visibilité des disciples de Jésus qui sont lgbt et des églises qui osent affirmer leur hospitalité.
23 novembre 2007
Lee Frances Heller (1919-2000)
J'ai souhaité donner un peu de visibilité au t de l'acronyme lgbt sur ce blog.
Lee Frances Heller, éditrice de la revue Grace and Lace est une personnalité majeure de la communauté trans.
Née au début du XXe siècle, elle a pris conscience de son identité de genre au moment où se terminait un long engagement au sein de la Good Shepherd Mission à Paterson ; elle a reçu la confirmation au sein de l'Eglise Episcopale dans sa nouvelle identité de femme.
De 1985 à 2000, son engagement principal a été de témoigner que Dieu n'est pas contre les personnes transgenres - qu'il s'agisse de travesti(e)s ou de transsexuel(le)s mais qu'elles sont un don particulier à son Eglise.
Ses nombreux écrits, notamment les articles de Grace and Lace disponibles sur deux sites (http://members.aol.com/gnlnews/index1.html et http://www.drbecky.com/grace.html) ont été compilés dans le volume By the grace of God qui est téléchargeable ici : http://207.152.67.6/gog/
Vous trouverez ici un témoignage d'une de ses proches amies, Beky Allison : http://www.drbecky.com/lee.html
22 novembre 2007
Christ Community Church
Fondée en 1870 sous le nom de Spring Lake First Dutch Reformed Church, une paroisse évangélique de tradition calviniste (http://www.rca.org/), Christ Community Church est une église indépendante depuis 1999. Deux traits ont marqué la séparation avec sa famille confessionnelle : un accent mis sur l'universalité de la grâce et une ouverture à la diversité de la sexualité humaine ; dès 1993, la paroisse qui accueillait une église MCC s'est déclarée inclusive, en opposition avec les règles de la Reformed Church of America. Le pasteur Richard Rhem, aujourd'hui à la retraite, a été l'initiateur de ces évolutions.
Sur son site (http://www.christ-community.net/), Christ Community Church, connue sous le nom de C3, se définit comme une communauté chrétienne progressiste. "Trouvant une fenêtre vers Dieu dans le visage de Jésus", ces chrétiens se sentent en dialogue avec ceux qui partagent une autre foi ou n'en revendiquent aucune et se considèrent avant tout comme des chercheurs.
Les sermons en ligne sur le site offrent de stimulantes ouvertures sur la Bible ; quant aux prières de Bob Kleinheksel, elles témoignent d'une foi en quête de liberté et de raison et soucieuse de la justice.
21 novembre 2007
Roy Clements (1946- )
Figure dominante du monde évangélique anglais, Roy Clements a été outé en 1999 et a du renoncer à ses engagements divers, notamment dans l'Evangelical Alliance, et à son ministère au sein de Eden Baptist Church à Cambridge (http://www.eden-cambridge.org/), assemblée dont il est devenu le pasteur en 1979 après avoir travaillé comme secrétaire itinérant pour l'IFES (http://www.ifesworld.org/home/) et comme pasteur à Nairobi.
La part la plus importante de son ministère à cette date est toutefois l'enseignement : à travers de nombreuses conférences - j'ai eu la joie de l'entendre à un congrès européen de l'IFES en 1991 - et de riches commentaires bibliques. Aujourd'hui, ses ouvrages, retirés de la majorité des librairies évangéliques, sont assez difficiles à trouver.
Après sa séparation d'avec sa femme et quelques mois d'invisibilité, Roy a repris un ministère public en s'associant au mouvement chrétien inclusif. Il intervient notamment dans le cadre de Courage (http://www.courage.org.uk/), Evangelical Fellowship for Lesbian and Gay Christians (http://www.eflgc.org.uk/) en Grande-Bretagne et Evangelicals Concerned (http://www.ecwr.org/) aux Etats-Unis. Son blog (http://www.royclements.co.uk/), malheureusement bientôt indisponible, est une mine de rsssources bibliques de qualité. Mon ami Fred (http://journals.aol.com/fredness/ChristianGay/) a traduit en français sur son site un certain nombre de ses essais.
Les réactions de la communauté évangélique à l'égard de Roy Clements sont très décevantes : beaucoup ont préconisé de simplement oublier son nom - comme l'atteste le retrait massif du marché de ses publications autrefois hautement recommandées. Parmi les leaders évangéliques qui ont ouvert le dialogue avec Roy Clements tout en maintenant une position traditionnelle, John Stott (http://www.royclements.co.uk/essays14.htm) et Steve Chalke (http://www.royclements.co.uk/essays06.htm) valent d'être mentionnés. Le premier, né en 1921, est le pasteur émérite de All Souls (http://www.allsouls.org/ascm/allsouls/static/ministries/home.html), une église anglicane évangélique du centre de Londres ; le second est un pasteur baptiste et un activiste social, né
en 1951, actuellement en charge d'une communauté dénommée church.co.uk (http://www.church.co.uk/). Tout en étant l'un comme l'autre des figures majeures du monde évangélique anglais, ils se sont toujours distingués par une certaine indépendance d'esprit par rapport au dogmatisme et au légalisme des milieux évangéliques.
20 novembre 2007
Le recours à l’Ecriture dans les débats sur les questions lgbt
On vient à la
Bible de bien des manières et surtout, en étant habités par des attentes
diverses : je dois ce soir en parler dans le cadre d’un séminaire sur les
questions de genre et de sexualité, à un public porté par/porteur de ces
questions, cultivé et avec des degrés divers de connaissance des textes
bibliques ; je dois en parler du point de vue d’un étudiant en théologie qui
travaille les discours des Eglises sur les questions lgbt ; j’approche la Bible
avec les outils de cette formation mais aussi avec ceux que j’ai reçus de ma
formation littéraire ; je l’étudie parfois comme source iconographique dans le
cadre de mon métier ; j’y fais aussi référence par rapport à mes convictions
qui ont évolué du fondamentalisme vers un christianisme d’ouverture et en tant
que croyant homosexuel.
Un premier sous-ensemble se compose des textes qui apparaissent relativement sûrs : Lv 18:22 ; Lv 20:13 ; Rm 1:24-27; 1 Co 6:9-11 ; 1 Tim 1:10 ; il est attesté par tous qu’ils parlent sinon d’homosexualité, au moins d’une pratique homosexuelle.
Un deuxième sous-ensemble réunit des textes plus discutables. La référence à Gn 19 – l’histoire de Sodome et Gomorrhe – et les textes parallèles de Jg 19 et Jude 7 n’est plus de mise pour stigmatiser les personnes homosexuelles ; même les biblistes les plus conservateurs s’accordent à dire que l’enjeu de ces textes, mis en perspective d’autres textes de l’Ancien et du Nouveau Testament est, à travers une tentative de viol collectif de l’étranger, l’infraction aux lois de l’hospitalité. Il semble donc juste de ne pas y lire une description du comportement homosexuel.
Un dernier sous-ensemble regroupant de textes relatifs à la prostitution masculine sacrée (Dt 23:17 ; 1 R 14:24 ; 1 R 15:12 ; 1 R 22:47 ; 2 R 23:7) est parfois cité, le plus souvent pour être réfuté comme non pertinent dans le débat sur l’homosexualité : il est clair que c’est une pratique cananéenne particulière qui est visée.
Certains prendront toutefois appui sur la totalité de ces textes pour démontrer qu’aucune référence à l’homosexualité n’est positive dans la Bible.
Il convient d’en relever d’emblée l’ambiguïté. Beaucoup se centrent sur l’accueil que Jésus fait à des personnes marginalisées : la femme adultère (Jn 8) est ainsi délivrée de la condamnation de la loi et invitée à ne plus pécher ; la référence à ce texte reflète la conception assez traditionnelle de l’accueil du pécheur sans son péché.
Je relèverai deux autres motifs d’accueil ou d’inclusion, eux aussi miroirs l’un de l’autre.
Le premier rejoint un des grands thèmes des théologies de la libération gay : souligner que l’Eglise primitive s’est affrontée à la question de l’inclusion dans la communauté des croyants de ceux que la loi excluait. Le livre des Actes tout entier est ainsi relu par ces théologiens mais aussi par d’autres comme l’aventure de l’élargissement des frontières du peuple de Dieu avec le chapitre (10) de l’inclusion du païen Corneille comme pivot ; de même, on notera dans les Evangiles la manière dont Jésus transgresse les régles et les rites pour aller à la rencontre de la diversité humaine et lui faire accueil, notamment lors des nombreux repas qu’il partage; le rapprochement de la question plus contemporaine de l’accueil des personnes homosexuelles se fait par ce que les anglo-saxons appellent congruence : un modèle d’inclusion peut en induire un autre.
L’abolition des différenciations est un autre motif d’inclusion fondé sur Gal 3:27ss : « il n’y a ni juif ni grec, ni homme ni femme, ni esclave ni homme libre mais tous vous êtes uns par la foi en JC ». Cette relativisation des différences peut sembler menaçante pour la construction et l’affirmation des identités ; Paul souligne non l’abolition des différences mais la disparition de leur caractère séparateur ou hiérarchisant. Voici la lecture qu’en fait Susan Durber, théologienne réformée et membre du Lesbian and Gay Christian Movement : “J’interprète la déclaration de Paul : “en Christ, il n’y a plus ni homme ni femme” non comme le règne de l’androgynie mais comme la mention que les marques du genre sont recréées en Christ - nos anciennes manières de définir notre identité comptent pour peu en comparaison de notre nouvelle identité en Christ”. Cette relativisation baptismale des identités mouvantes du genre a été exploitée par les théologiens qui ont intégré les théories queer à leur réflexion, comme Elisabeth Stuart. Je vous renvoie aux travaux de Stéphane Lavignotte qui m’a ce soir cédé la place mais que je vous suggère de réinviter.
En commençant par le détail. Peu nombreux sont ceux qui interrogent le sens précis de termes comme toevah (abomination) dans Lv ou de paraphysin (contre-nature) dans Rm. Qu’en est-il du terme arsenokoitai (littéralement ceux qui couchent dans le lit des hommes) utilisé dans 1 Co 6 et 1 Tim 10 où il est associé à malakoi (littéralement mous) ? Certains évoquent les cas particuliers de la pédérastie ou de la prostitution masculine mais l’avis est loin d’être unanime.
Sans oublier le général. De manière paradoxale, la référence aux textes, même dans les rapports d’Eglises libérales relève de la méthode que Pascale Rondez et Konrad Haldimann identifient à une extraction thématique de textes. La lecture de ces textes aurait été enrichie si on avait fait appel à des lignes thématiques plus larges : l’idolâtrie dans Rm ou une sexualité délimitée par les trois pôles de la pureté rituelle, de la propriété et de la procrétion pour la Torah - trois thèmes qu’ignore ou relativise notre approche moderne/post-moderne de la sexualité.
Dernière idée : l’interrogation de ces textes ne peut se faire sans interrogation parallèle du monde. L’appréciation de la pertinence de l’application de ces textes à un contexte contemporain est largement dépendante de la manière dont est envisagée la nouveauté du concept d’homosexualité. Je cite un rapport daté de 1991 de la United Reformed Church (Homosexuality, a christian view) : “Tous les passages habituellement cités traitent le comportement homosexuel comme une activité librement choisie. Ils ne considèrent pas l’homosexualité - ils ne le pouvaient du reste pas - comme une orientation sexuelle donnée ... Si tel est le cas, il nous faudra en tenir compte pour interpréter l’Ecriture ».
Le premier est l’axiome du sola scriptura. Il vaut pour celles et ceux qui voient dans les paroles écrites de l’Ancien et du Nouveau Testaments la Parole de Dieu comme pour celles ceux qui font appel aux méthodes critiques. Les attitudes, apparemment contradictoires parce que partant de présupposés différents quant à la nature de l’inspiration divine, se rejoignent dans une commune recherche du sens d’un texte à partir des autres textes bibliques. C’est le principe de l’analogie de la foi opérant par exemple dans le recours aux deux corpus négatifs et positifs ; par exemple, si l’on vient à douter de la pertinence du premier dont l’application peut être circonscrite, on fera appel au témoignage supplémentaire et concordant que représente l’établissement du modèle du couple hétérosexuel. Vous aurez compris que ce principe est peu attentif à la pluralité de la littérature biblique qui en termes de sexualité évoque à côté des couples monogames, la polygamie, le célibat et bien d’autres états.
Un second principe est la recherche d’un centre dans l’Ecriture qui puisse devenir le critère des choix qui sont faits en matière d’interprétation et d’application. Le rapport de l’Evangelische Kirche in Deutschland, de tradition luthérienne, Vivre avec des tensions , rappelle que “le fondement de la foi chrétienne est une personne et pas la Bible comme livre”. Christ et la grâce qui en lui est offerte à tou(te)s est unanimement reconnu par tous comme le centre des témoignages bibliques par tous les chrétiens ; mais tous n’en tirent pas les mêmes conséquences dans leur compréhension du salut – particulièrement du lien entre éthique et salut - et dans les choix qu’elles envisagent pour l’accueil des personnes homosexuelles et leur reconnaissance dans l’église.
Exposé présenté le 12 octobre 2006 dans le cadre de la journée d'études Effigies "Regards croisés du bouddhisme et du christianisme sur l'homosexualité.
19 novembre 2007
Témoignage de Jean
On m’a demandé de présenter
ici le témoignage d’un chrétien homosexuel qui assume pleinement - et
joyeusement - son orientation sexuelle.
Dans ce témoignage que je vous livre rédigé – par respect pour la diversité linguistique de l’assemblée – je m’efforcerai d’éviter les pièges de l’apitoiement et de l’apologie mais aussi de la division entre mon expérience chrétienne, d’un côté, et mon expérience homosexuelle, de l’autre. Je ne sortirai pas trop de ma propre expérience et j’essaierai d’en parler comme j’entends la vivre, c’est-à-dire unifiée.
Je suis né au sein d’une famille catholique, mais c’est
dans les milieux évangéliques que j’ai entendu parler du Christ et de son amour
gratuit, immérité A l’âge de 16 ans, en 1983, j’ai répondu oui, sans trop
comprendre pourquoi ni où cela me conduirait. J’ai rejoint une église
baptiste et j’ai beaucoup appris et reçu au sein de cette
communauté : l’amour de l’Ecriture, l’amour de la prière, le service des
autres, l’approfondissement de la vie spirituelle et la communion fraternelle.
Je l’ai quittée après qu’elle ait connu un virage que je qualifie toujours,
comme d’autres, de sectaire. Mes engagements au sein des Groupes Bibliques
Universitaires m’ont à cette même période ouvert les yeux sur la diversité du
monde évangélique et sur l’évidente et nécessaire pluralité des Ecritures et
des pratiques chrétiennes. Des amitiés profondes se sont tissées dans ces deux
lieux
Tout
ce cheminement m’a appris et continue de m’apprendre à aimer et à être aimé.
Dans ce qui vous sembler marqué par des ruptures, j’ai reçu des signes de
l’amour gratuit, immérité et inconditionnel du Christ.
Jean VILBAS
Ce témoignage, légèrement actualisé, a été apporté lors de la journée d'étude de l'EPUB sur l'homosexualité, le 30 septembre 2006
James Baldwin (1924-1987)
Né à Harlem et décédé à St-Paul-de-Vence il y a tout juste 20 ans, James Baldwin est l'un des écrivains majeurs de sa génération.
Son oeuvre est pétrie d'une réflexion sur les discriminations : à l'instar de Richard Wright (1908-1960), son maître, il s'est intéressé à la situation de la communauté afro-américaine dont il dépeint la vie et les luttes dans ses romans, poésies et pièces de théâtre. Comme Wright, il a vécu à Paris de 1948 à 1957, avant de rejoindre les Etats-Unis pour s'engager aux côtés de Martin-Luther King (1929-1968) ; à la mort de ce dernier, il est revenu terminer ses jours en Provence où il est enterré.
Son oeuvre est également marquée par les thèmes de l'homosexualité et de la foi. Le premier occupe le très beau roman La chambre de Giovanni qui évoque les amours impossibles de David, un jeune américain à Paris et de Giovanni. Il affleure aussi dans d'autres oeuvres où l'affrontement entre un amour et les normes sociales est évoqué : c'est la cas de la pièce parue en 1955 et traduite par Marguerite Yourcenar sous le titre : Le coin des Amen !
Dans cette pièce, la prédicatrice pentecôtiste Margaret Anderson est confrontée au mari qu'elle a abandonné, par souci de pureté religieuse ; avant de mourir, il veut lui redire son amour. A la fin de la pièce, elle réalise qu'elle a fui dans le mysticisme alors qu"'aimer Dieu c'est aimer ses enfants - tous et chacun - et souffrir avec eux, rire avec eux sans compter le prix." Une belle manière pour Baldwin de dire que Dieu ne saurait être étranger à l'amour de deux personnes du même sexe !
Un autre roman, nettement autobiographique, intitulé La conversion, situe dans un même mouvement l'expérience religieuse de la nouvelle naissance et la découverte de l'homosexualité. Un chef-d'oeuvre à redécouvrir.
14 novembre 2007
Rencontre de blogueurs chrétiens lgbt
Nous étions deux blogueurs d'origine évangéliques sur les 11 réunis samedi 10 novembre à Lille, au Couvent des Dominicains.
Vous trouverez des compte-rendus de cette journée sur les blogs de :
Ben (http://bendebxl.skynetblogs.be/),
Christian (http://dieunousaimechretiensetgay.blogspirit.com/),
Crocki (http://malicieusekiki.skynetblogs.be/),
Damien (http://www.damienlibre.blogspot.com/),
Didyme (http://www.didyme.be/blog/).
Comme les uns et les autres, j'ai été nourri par les réflexions de Jean-Marc (http://gayanglican.blogspot.com/) sur la blogosphère et le web 2.0 qui nous situaient dans un contexte plus large et ceux de Benoît sur les liens de communion qui se tissent dans le monde virtuel ; les échanges ont aussi été d'une très grande richesse. J'ajoute le petit clin d'oeil du prédicateur de l'office du midi à notre thème dans son commentaire des salutations qui clôturent la lettre de Paul aux Romains.
J'aimerais juste partager ici ma joie que ces moments aient été enracinés dans notre commune, bien que diverse dans ses expressions, foi en Jésus-Christ. J'hésite à hiérarchiser les liens tissés sur la toile et ceux qui se renforcent dans ces temps de partage ; comme le disait Benoît, il importe qu'aucun ne nous détache du réel, celui que le Christ est venu habiter de sa présence, celui dans lequel il nous donne d'être ses témoins, celui où un échange d'opinions ou le partage d'un fardeau sur la toile se transforme en prière ou en invitation.
J'aimerais aussi dire ma reconnaissance à Dieu pour la manière dont son amour m'a permis de reconnaître des frères et des soeurs et d'ouvrir mes yeux sur son oeuvre là où je ne l'attendais pas. La diversité des expressions de foi n'est pas un enjeu facile pour nombre d'évangéliques (pas plus que pour nombre de catholiques, d'othodoxes ou de réformés) ; elle me semble pourtant inextricablement liée à l'inclusivité car elle procède de la même démarche d'ouverture à l'autre en qui je reconnais la présence du Christ.
Il manque à ce blog des liens ; j'en mettrai bientôt : à la fois vers des sites spécifiquement évangéliques mais aussi vers des blogs ou des sites chrétiens d'autres sensibilités pour exprimer mon attachement à cette diversité.
09 novembre 2007
Un grand pas en Italie
Du 2 au 4 novembre se sont tenus conjointement à Rome, le synode des Eglises vaudoises et méthodistes et l'assemblée générale des Eglises baptistes italiennes.
L'une des questions à l'ordre du jour était l'étude d'un document sur l'accueil des personnes lgbt en Eglise.
Par une déclaration en 8 points, publiée le 4 novembre 2007, les Eglises vaudoises et baptistes déclarent :
1 croire en un Dieu d'amour qui invite à l'accueil
2 croire qu'une relation humaine d'amour, vécue dans la réciprocité et la liberté, est soutenue par la promesse de Dieu
3 apprécier l'accueil serein reçu par le document de travail dans les églises locales
4 confesser le péché de la discrimination à l'égard des personnes homosexuelles
5 inviter tous les croyants à construire une culture de respect
6 inviter les églises à accueillir les personnes homosexuelles sans discrimination
7 inviter les églises à promouvoir la reconnaissance des droits civils des personnes homosexuelles et des couples de même sexe
8 inviter à poursuivre un dialogue fraternel nourri de l'étude approfondie des Ecritures
Cette très riche déclaration se trouve sur le site de la Rete Evangelica Fede e Omosessualita (http://www.refo.it/)
05 novembre 2007
Church of the Saviour
Il y a 60 ans qu'une communauté oecuménique d'origine baptiste offre à Washington un témoignage d'inclusivité radicale. Fondée par Gordon et Mary Cosby, la Church of the Saviour (http://www.inwardoutward.org/) présente quelques traits singuliers : son caractère oecuménique, son engagement social, son accent sur le sacerdoce universel des croyants traduit par le refus du pastorat. La lutte contre la pauvreté, le racisme, le sexisme et l'homphobie fait partie du programme de cette communauté.
Depuis 1994, la Church of the Saviour est divisée en unités plus réduites qui en font un réseau d'églises ; elles sont aujourd'hui au nombre de 10.
Covenant s'inspire de l'Arche de Jean Vanier et explore ce qu'est être une église de paix ; Dayspring offre la possibilité de retraites ; Eighth Day Faith Community, Friends of Jesus, Jubilee et Lazarus s'impliquent dans la lutte contre la pauvreté dans divers quartiers ; New Community (http://www.newcommunitychurchdc.org/) insiste sur la diversité culturelle et ethnique ; Potter's House centre ses activités sur un café qui porte le même nom ; Festival et Seekers mettent particulièrement l'accent sur l'accueil des personnes lgbt.
Le site de Seekers Church (www.seekerschurch.org) contient de nombreux sermons et textes liturgiques reflétant l'hospitalité radicale qui est le coeur de cette communauté chrétienne. Ils font usage du langage inclusif qui s'efforce de ne pas enfermer Dieu dans des images . A titre d'exemple, voici la version proposée de la prière de Jésus :
Eternal Spirit, Father and Mother of us all,
Holy is your name.
Let justice and mercy fill all creation
and let us recognize that every thought and thing belongs to you.
Feed us with the bread we need today.
Forgive us our sins as we forgive those who sin against us.
Stand with us in trial and temptation.
Free us from the grip of all that is evil.
For you alone are creating our universe, now and forever.
Amen.

